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Sujet officiel

Français – Baccalauréat général 2022 – Métropole – Sujet

La page met en scène le sujet officiel de 2022 avec la même structure visuelle que les autres annales du hub. Le commentaire, la dissertation et l’espace de corrigé restent accessibles par onglets.

Date

Jeudi 16 juin 2022

Durée

4 heures

Coefficient

5

Pages

3

Sujet 1

Commentaire composé

Lis l’extrait officiel ici, puis passe au corrigé quand tu veux brancher la méthode ou enrichir la lecture.

20 points


Objet d'étude : Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle


Vous commenterez le texte suivant :


Sylvie GERMAIN, Jours de colère, Chants, « Les frères », 1989


Sylvie GERMAIN (née en 1954), Jours de colère, Chants, « Les frères », 1989


Situé dans un passé indéterminé, le roman de Sylvie Germain Jours de colère prend place dans les forêts du Morvan. Le texte suivant est extrait d’un chapitre intitulé « Les frères ». Il présente les neuf fils d’Ephraïm Mauperthuis et de Reinette-la-Grasse.


Ils étaient hommes des forêts. Et les forêts les avaient faits à leur image. À leur puissance, leur solitude, leur dureté. Dureté puisée dans celle de leur sol commun, ce socle de granit d’un rose tendre vieux de millions de siècles, bruissant de sources, troué d’étangs, partout saillant d’entre les herbes, les fougères et les ronces. Un même chant les habitait, hommes et arbres. Un chant depuis toujours confronté au silence, à la roche. Un chant sans mélodie. Un chant brutal, heurté comme les saisons, - des étés écrasants de chaleur, de longs hivers pétrifiés sous la neige. Un chant fait de cris, de clameurs, de résonances et de stridences. Un chant qui scandait autant leurs joies que leurs colères.


Car tout en eux prenait des accents de colère, même l’amour. Ils avaient été élevés davantage parmi les arbres que parmi les hommes, ils s’étaient nourris depuis l’enfance des fruits, des végétaux et des baies sauvages qui poussent dans les sousboissous-bois et de la chair des bêtes qui gîtent dans les forêts ; ils connaissaient tous les chemins que dessinent au ciel les étoiles et tous les sentiers qui sinuent entre les arbres, les ronciers et les taillis et dans l’ombre desquels se glissent les renards, les chats sauvages et les chevreuils, et les venelles[1]venelles[^{1}] que frayent les sangliers. Des venelles tracées à ras de terre entre les herbes et les épines en parallèle à la Voie lactée, comme en miroir. Comme en écho aussi à la route qui conduisait les pèlerins de Vézelay vers SaintJacquesdeCompostelleSaint-Jacques-de-Compostelle. Ils connaissaient tous les passages séculaires[^2] creusés par les bêtes, les hommes et les étoiles.


La maison où ils étaient nés s’était montrée très vite bien trop étroite pour pouvoir les abriter tous, et trop pauvre surtout pour pouvoir les nourrir. Ils étaient les fils d’Ephraïm Mauperthuis et de Reinette-la-Grasse.


[1][^{1}]: Venelles : petits sentiers.
[2][^{2}]: Séculaires : qui existent depuis cent ans ou davantage.


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